LPLM répond à Vivolta, le site de la chaine

Le président de l’Association [Les Papas=Les Mamans] répond à nos questions
Sur le thème des parents célibataires, Gérard Révérend a accepté de répondre à nos questions. Président et co-fondateur de l’Association [Les Papas = Les Mamans], il nous présente son association et dresse un constat sur la situation actuelle des pères célibataires.

Monsieur Révérend, qui êtes-vous ? Pouvez-vous nous parler de l’association que vous représentez ?
Je suis le fondateur de l’Association [Les Papas = Les Mamans] (LPLM). Il s’agit d’une association familiale qui fait la promotion de la co-parentalité effective. Elle intervient dans de nombreux domaines, notamment sur les questions de genres : à savoir la construction sociale de l’identité sexuée.
Depuis quand existe l’association LPLM ?
L’association a été fondée en 2006. Elle est issue des mouvements de pères séparés. Nos activités au sein de l’association ont pour but de sortir d’une forme de civisme revanchard et de présenter des propositions concrètes. Son activité est d’ailleurs reconnue par un large public de professionnels.
Dans quels cas les personnes s’adressent à vous ?
Les gens nous contactent au sujet des questions de séparation. Une séparation correspond à la mort de la cellule familiale. Je constate que la régulation sociale a tendance à mettre tout le monde dans le même panier. Or, il faut prendre en compte ladiversité actuelle des situations familiales.
Que proposez-vous aux parents ?
Nous proposons des éléments d’analyse en fonction de la réalité du fonctionnement juridique, notamment au sujet de la résidence alternée. Nous sommes en contact avec des juges et des professionnels.
Nous comptons aussi beaucoup sur les médias pour appuyer nos démarches. L’important dans l’histoire, c’est que le couple parental survive. Malgré les conflits, il est important de maintenir le respect de part et d’autre car l’enfant est le plus souvent pris en otage. Le message essentiel que nous souhaitons délivrer est que les enfants ont besoin des deux parents.
Pouvez-vous nous parler du soutien apporté par le chanteur Cali ?
Le soutien de Cali a permis d’attirer l’attention des médias sur les actions menées par l’association. Il en a été le porte-parole, une vitrine en quelque sorte. Il s’est investit dans la cause parce qu’il était lui-même directement concerné. Seule une personne qui le vit personnellement peut comprendre ce sentiment d’exclusion et se battre pour le droit des pères à être traité de façon citoyenne.
Comment la situation du père célibataire évolue-t-elle ?
Au niveau des statistiques, on remarque que le pourcentage de garde accordée aupère subit une érosion légère mais régulière depuis qu’elle existe. C’est un premier facteur. La garde alternée n’est effective en réalité qu’à 15% et donnée quasi exclusivement sur un accord parentale et non en cas de conflit. Ce sont par ailleurs le plus souvent les pères qui se retrouvent dépossédés de leur droit de garde.
Il faut reconnaître que les hommes demandent peu la résidence principale. Le gros des gardes au père intervient à l’adolescence et seulement si les enfants le demandent. C’est une situation paradoxale : il semble que l’on juge les pères plus compétents lors des périodes difficiles.
Légalement, l’égalité père-mère existe mais, dans les faits, on donne souvent raison à la mère. Les institutions ont tendance à penser la famille de façon traditionnelle et considèrent que l’intérêt de l’enfant est celui de vivre au côté de sa mère. On pourrait s’attendre à plus de neutralité de la part des juges.
Ce sont les milieux anciens institutionnalisés qui font la loi. Les associations sont très nombreuses mais, cumulées, elles restent tout de même marginales. En France, ça avance lentement et, à chaque fois, cela entraîne des polémiques dès que l’on veut toucher aux questions familiales.
J’ai le sentiment que l’on veut revenir à une vision archaïque de la famille, à l’indissolubilité du mariage. Il faut au contraire repenser les questions familiales dansl’égalité républicaine et démocratique.

Alice Chiron, le 21/02/2012